Le programme du « Golden Visa », également appelé visa investisseur ou résidence pour investisseurs, qui pendant plus de dix ans permettait aux ressortissants étrangers d’obtenir un titre de séjour spécifique en Espagne en échange d’investissements, a pris fin. Il ne reste désormais que la possibilité de renouveler les permis de séjour investisseur déjà obtenus. Pendant toute la durée du programme, l’Espagne a délivré plus de 22 000 Golden Visa, en tenant compte des visas des investisseurs et de ceux des membres de leur famille. 93 % d’entre eux ont été concentrés dans sept provinces les plus populaires : Barcelone (33 %), Madrid (19 %), Malaga (18 %), Alicante (10 %), les îles Baléares (5 %), Gérone (4 %) et Valence (4 %). Plus de 85 % de l’ensemble des Golden Visa ont été obtenus sur la base d’investissements immobiliers.

Les modifications législatives sont entrées en vigueur le 3 avril 2025 : à partir de cette date, tous les visas investisseur sont supprimés suite à l’abrogation des articles 63 à 67 de la loi 14/2013 « sur le soutien aux entrepreneurs et leur internationalisation », qui régissaient auparavant le régime de séjour des étrangers réalisant des investissements significatifs dans l’économie espagnole.

Les demandes déposées avant l’entrée en vigueur des changements, c’est-à-dire jusqu’au 2 avril 2025 inclus, ont toutes été examinées et les titres de séjour correspondants ont été délivrés. Les visas et permis de séjour accordés antérieurement resteront valables jusqu’à leur date d’expiration, avec la possibilité de renouvellements ultérieurs conformément aux dispositions réglementaires en vigueur au moment de leur première concession. En d’autres termes, les titulaires de Golden Visa et les membres de leur famille pourront renouveler leur résidence sans difficulté, à condition de respecter l’ensemble des règles et exigences prévues pour chaque type de visa ou de résidence investisseur.

Pour ceux qui souhaitent s’installer en Espagne et recherchent des voies alternatives, plusieurs options s’offrent à eux. Voyons quels autres types de titres de séjour existent pour les investisseurs et les professionnels travaillant à distance.

Permis de séjour sans droit au travail en Espagne

Residencia no lucrativa – le permis de séjour sans droit au travail – est une excellente option pour ceux qui disposent de ressources financières suffisantes pour vivre en Espagne et d’une source de revenus stables à distance. Ce type de résidence est demandé auprès du consulat d’Espagne dans le pays de résidence du demandeur. Les exigences principales sont les suivantes :

  • Justifier la stabilité et la légalité des revenus passifs perçus (condition exigée par certains consulats d’Espagne, mais pas par tous) ;
  • Prouver la disponibilité de moyens financiers suffisants pour toute la durée du permis de séjour (le premier permis sans droit au travail est délivré pour un an), à raison de 400 % de l’IPREM par mois (en 2025, l’indicateur minimum de revenu IPREM est fixé à 600 € par mois), soit un minimum de 28 800 € ;
  • Justifier la disponibilité d’un logement en Espagne (propriété personnelle ou location de longue durée). Pour certains consulats, cette condition est obligatoire, pour d’autres il s’agit d’une recommandation, mais dans tous les cas, la possession d’un bien immobilier est un atout pour ce type de permis.

Bien entendu, en plus de ces exigences, il existe d’autres conditions à respecter (absence de casier judiciaire, assurance maladie privée avec couverture complète, etc.). Mais dans cet article, nous nous concentrerons sur les critères clés qui permettent aux investisseurs et aux travailleurs indépendants de déménager en Espagne pour une résidence de longue durée.

Permis de séjour pour entrepreneurs (visa startup) et/ou professionnels hautement qualifiés en Espagne

La loi susmentionnée « sur le soutien aux entrepreneurs et leur internationalisation » maintient la possibilité d’obtenir un permis de séjour pour les entrepreneurs (visa startup) et pour les professionnels hautement qualifiés.

Dans le premier cas, il s’agit exclusivement de projets innovants qui créent des emplois et présentent une importance sociale et économique pour l’Espagne. La loi ne fixe pas de montant minimal d’investissement, mais chaque projet et business plan doit être approuvé par le Service des grandes entreprises, et l’entrepreneur doit démontrer la provenance des fonds destinés au financement de son projet.

Dans le second cas, il est question du recrutement, par des entreprises locales, de cadres étrangers pour des postes de direction élevés, à condition que le candidat dispose de la qualification et de l’expérience professionnelle requises.

Visa de nomade numérique en Espagne

Le visa de nomade numérique permet aux travailleurs étrangers qui exercent à distance de s’installer en Espagne et d’obtenir le titre de séjour correspondant. Il peut s’agir de salariés travaillant pour un employeur ou de travailleurs indépendants exerçant en tant qu’auto-entrepreneurs ou freelances. Il est toutefois essentiel que l’employeur ou les principaux clients ne soient pas établis en Espagne.

Le nomade numérique doit justifier un revenu mensuel d’au moins 200 % du SMI (salaire minimum interprofessionnel), qui en 2025 est fixé à 1 184 € par mois. C’est une option idéale pour ceux qui souhaitent déménager sans changer d’employeur ni de clientèle, et qui ne savent pas encore précisément où ils souhaitent vivre en Espagne. Le permis de séjour de nomade numérique est accordé pour 3 ans et permet de regrouper des membres de la famille, y compris les parents et les enfants majeurs.

Ainsi, il existe bien des alternatives au Golden Visa désormais supprimé, et il est tout à fait possible de choisir la formule de résidence la plus confortable et la mieux adaptée à votre situation.

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