Le 14 avril 2026, le gouvernement espagnol a approuvé une réforme du règlement relatif aux étrangers, ouvrant la voie à une régularisation d’urgence d’environ 500 000 migrants déjà présents dans le pays sans statut régularisé. Lors du point presse qui a suivi la réunion du Conseil des ministres, les autorités ont présenté cette mesure comme une réponse à « l’urgence sociale » et comme un moyen de faire entrer dans le cadre légal des personnes qui vivent et travaillent déjà en Espagne.
D’après les documents de la conférence de presse et les précisions apportées par la suite, la principale nouveauté est l’introduction de ce que l’on appelle l’arraigo extraordinaire (arraigo extraordinario), ainsi que d’un mécanisme distinct pour les demandeurs de protection internationale ayant déposé leur demande avant le 1er janvier 2026. Cela signifie que la légalisation concernera non seulement les personnes sans papiers installées depuis longtemps en Espagne, mais aussi une partie de celles dont la demande d’asile n’a pas encore été définitivement tranchée.
Principales conditions :
- Le demandeur doit se trouver en Espagne depuis avant le 1er janvier 2026 et justifier d’au moins cinq mois de présence continue dans le pays avant le dépôt de la demande.
- L’absence d’antécédents judiciaires est une condition obligatoire.
- Les autorités soulignent également que le demandeur ne doit pas représenter une menace pour l’ordre public.
- Il faut justifier d’au moins l’un des fondements suivants : un lien de travail ou un projet d’emploi, la présence de membres de la famille en Espagne, ou une situation de vulnérabilité sociale.
Le dépôt des demandes en ligne commence le 16 avril 2026, l’accueil en présentiel débute le 20 avril, et la période de dépôt restera ouverte jusqu’au 30 juin 2026. Une fois la demande acceptée pour instruction, le migrant pourra travailler légalement de manière temporaire avant même la décision définitive. Il s’agit de l’un des points pratiques les plus importants de la réforme, car il donne aux personnes concernées la possibilité de sortir immédiatement du travail informel. Le délai maximal d’examen est de 3 mois ; en l’absence de réponse, la demande sera réputée rejetée selon la règle du silence administratif.
Pour traiter un tel volume de demandes, l’État ne mobilise pas seulement les services migratoires. Les autorités font également appel à Correos, ainsi qu’au groupe public TRAGSA et à sa filiale TRAGSATEC, pour la réception et le traitement technique des documents.
Par son ampleur, il s’agit de l’une des plus grandes réformes migratoires en Espagne au cours des deux dernières décennies. La dernière grande régularisation a eu lieu en 2005 et a concerné plus de 576 000 personnes.