La Cour suprême espagnole a donné son feu vert à la coupure des services aux occupants illégaux de logements. La plus haute instance judiciaire a établi une doctrine juridique dans une décision du 24 juin et a jugé que la coupure des services par le propriétaire d’un bien immobilier en Espagne à l’encontre d’une personne occupant illégalement un logement, c’est-à-dire sans droit d’accès ni d’usage, ne peut pas être considérée comme un délit de coercition.

Le propriétaire n’est pas obligé de payer les services des occupants illégaux

La décision précise que le propriétaire du bien peut couper les services ou cesser de les payer afin de ne pas soutenir les “okupas”, ou afin d’éviter un enrichissement injustifié, “puisqu’à l’acte illicite d’occupation illégale du bien s’ajouterait l’avantage lié à l’utilisation des services”.

Toutefois, selon l’interprétation du tribunal, la coupure des services n’est admise qu’en cas d’occupation illégale ou d’intrusion, mais pas dans le cas de locataires qui ne paient pas leur loyer, car ils disposent d’un contrat leur permettant de résider dans le logement concerné.

Pour les occupants légaux, couper les services peut être un délit

La Cour suprême espagnole considère effectivement que couper les services constitue un délit de coercition si la personne réside légalement dans l’appartement ou la maison.

Cette décision concerne le cas d’un couple marié en procédure de divorce. Dans cette affaire, l’homme, qui avait quitté le logement qu’il partageait avec son épouse, a coupé l’alimentation électrique six mois plus tard, la forçant à partir.

Le tribunal a conclu que ce comportement correspondait pleinement au délit de coercition.

Ainsi, la résiliation du contrat de fourniture d’électricité dans un logement légalement occupé par la victime, effectuée par l’accusé dans le but de la forcer à quitter le domicile familial, revêt un caractère criminel.

Le tribunal clarifie une question controversée pour les futurs dossiers

La Cour suprême indique qu’elle a dû clarifier cette question car il existait des décisions de juridictions provinciales aux conclusions différentes, tant dans des affaires de divorce que dans des litiges liés à des contrats de location.

Elle avertit en outre que des positions différentes avaient même été observées dans ses propres décisions.

La décision contient une opinion dissidente de quatre juges, qui estiment que la résiliation du contrat ne peut pas être considérée comme une “violence”.

Pour les propriétaires, les acheteurs et les investisseurs, cette décision devient un repère important dans l’évaluation des risques juridiques liés à la gestion immobilière, à la location et à la protection de la propriété en Espagne.

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